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vous de cette époque ? J'ai grandi au Pont-de-Claix, au sud de Gre- noble, dans une famille de boulangers. Mon père était à la production, mon oncle s'occu- pait de la pâtisserie, mes tantes tenaient la vente et ma mère la comptabilité. Mes pre- miers souvenirs culinaires, c'est surtout la bou- langerie. Enfant j'aidais pendant les fêtes à trancher le pain, foncer les tartes, ou distri- buer des parts de galette aux clients. C'était un univers d'odeurs chaudes et de gestes précis. Sans m'en rendre compte, j'y ai appris le sens du travail bien fait et le plaisir de partager. de devenir Après un bac technologique et un BTS au lycée hôtelier de Grenoble, j'ai découvert la haute gastronomie lors d'un stage à l'Ous- tau de Baumanière, au moment où Glenn Viel venait d'arriver. C'était sa première saison, il y avait une énergie incroyable. Cette expérience m'a profondément marqué. J'y ai compris la force du collectif et la beauté d'une cuisine qui va droit au but, sans fioritures. Votre parcours vous conduit ensuite à Megève. au 1920. Qu'enr J'ai rejoint le 1920, le restaurant gastrono- mique du Chalet du Mont d'Arbois dirigé par Julien Gatillon. C'était la grande cuisine clas- sique française, avec des moyens démesurés et des produits exceptionnels. J'y suis entré enez-vous ? comme commis etj'en suis parti chef de partie après cinq saisons. Cette période m'a formé à la rigueur et à la précision. Vous êtes aujourd'hui chef adjoint au Couvent de 's au restaurant étoilé Le Feuillée. Comment déer: riez-vous cette aventure ? C'est un lieu incroyable, niché à Mane, dans le Luberon. L'hôtel cinq étoiles appartient à la marque L'Occitane et a été entièrement rénové. Je travaille aux côtés de Louis Gachet, meilleur ouvrier de France 2023, que j'avais rencontré à la Chèvre d'Or chez Arnaud Faye. Ensemble, nous avons obtenu une étoile Michelin dès la première année. C'est un cadre exceptionnel, avec un spa certifié Ecocert et une cuisine en lien direct avec la nature qui nous entoure. Vous participez régulièrement à des concours. Qu'est-ce q vous attire dans cet exerci re? Les concours m'apportent une stimulation différente du quotidien. Mon premier a été le trophée Création et Saveurs, organisé par Président, que j'ai remporté en 2021. En 2023, j'ai gagné le Challenge culinaire du Président de la République, après une deuxième place à la Meilleure Brigade de France, organisée par METRO. J'essaie d'y aller par paliers, de concours en concours, pour me préparer au mieux. Mon rêve, c'est de tenter un jour le concours des Meilleurs Ouvriers de France. Quelle est votre philosophie de cuisine ? J'aime les choses brutes, lisibles. Siun pro- duit est bon, il ne faut pas le dénaturer. Le rôle du cuisinier, c'est de mettre latech- nique au service du goût, pas l'inverse. Au Couvent des Minimes, nous avons construit un réseau de producteurs de proximité. On travaille avant tout avec des personnes qu'on apprécie et dont on admire le tra- vail. Mon rôle, c'est de les mettre en lumière. Vous avez déjà beaucoup accompli à 28 ans. Comment imaginez-vous la suite Pour l'instant, je suis pleinement investi dansle restaurant Le Feuillée. C'est une mai- son où je peux grandir, affiner mes idées, progresser dans l'excellence. Mais oui, j'ai- merais un jour ouvrir mon propre restau- rant, un lieu à mon image: exigeant, simple et centré sur le produit etles producteurs. Vous parlez souvent de “paliers”. C’est votre manière d'avancer ? Oui, c'est un mot qui me correspond bien. Que ce soit dans les maisons où j'aitravaillé ou dans les concours, j'ai toujours avancé étape par étape. J'aime cette idée d'appren- tissage progressif, de construction patiente. C'est ce qui me permet de garder le cap et d'aller, un jour, vers ce que je vise : une cuisine juste, sincère et pleine d'émotion. HIVER 2025 : 15H30 63
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