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on ORNE G SE se RHUM NE S'EST PAS FAIT EN UN JOUR ‘histoire du rhum est indis- sociable de celle du sucre et de sa matière première : la canne à sucre. La canne, contrairement à ce que l’on pense souvent, n'est pas originaire de la Caraïbe. Cette graminée (comme l'herbe ou le bambou) provient d'Océanie où elle était mâchée par les autochtones depuis plus de 3000 ans pour en extraire le jus sucré. Se répandant d’abord en Asie du Sud-Est, elle arrive au Moyen-Orient vers 500 avant J.-C. et ce sont les Perses qui trouveront le pro: « roseau qui donne du miel sans le concours des abeilles » par broyage. Le sucre naît en Perse mais ce sont les Arabes qui diffuseront la canne, et le sucre extrait, sur tout le pour- tour méditerranéen jusqu’en Andalousie, à partir du vur siècle. Les chevaliers chrétiens en assureront la deuxième vague d'expansion en le rapportant des croisades. Le sucre de canne gagnera ensuite l’occident à partir du Moyen-Âge. dé d'extraction du jus du Mais c’est la troisième vague et son implantation en Amérique latine en pas- sant par la Caraïbe, qui sera à l’origine du rhum. Christophe Colomb introduit les premières cannes à sucre à Hispaniola (Saint-Domingue) en 1493 ou elle prend le nom de Canne Créole. La même année, il les implante sur l'ile de Karukera qui prend par la suite le nom de Guadeloupe en hommage à Notre-Dame de Guadalupe, la vierge protectrice des marins, lorsqu'il en prend possession pour la couronne d’Espagne. La culture de la canne s’étend rapidement dans toute l'Amérique latine jusqu’au Pérou et donnera lieu à une véritable guerre du sucre entre les grandes nations commerciales colonisatrices : Espagne, Portugal, Hollande, Angleterre et France. Parallèlement au développement de la production sucrière, les colons notent que la mélasse fermentée produit un vin de mélasse qu'ils vont très vite distiller selon les techniques perfectionnées par les moines du vieux continent. Le rhum est né et se nomme encore Guildive (francisation de « Kill-Devil », la boisson qui « tue le diable ») ou Tafia (mot d’origine africaine que lui donnent les esclaves). Sa réputation sulfureuse tient aux effets liés à labus de cette eau-de-vie (ou de mort) par la flibuste et la piraterie des Caraïbes dont elle devient un emblème. Mais aussi à la somme de souffrances qui s’y rattachent, car la production de rhum est intimement liée à l'esclavage dans les Caraïbes et en Amérique. Le rhum devient un produit d'échange. Les colons paient le sucre, le coton et le café américain en esclaves envoyés dans les plan- tations du sud. Ces esclaves ont été achetés aux marchands d'esclaves avec du rhum produit par d’autres esclaves dans les îles. Le travail des esclaves paye l'achat d'es- claves, cruelle « économie circulaire ». Il faut attendre la deuxième moitié du x1x" siècle et l'abolition de l'esclavage (1848 en France) pour que le rhum se départisse peu à peu de sa mauvaise réputation. C’est à cette époque, vers 1870, que sera inventé en Martinique le Rhum Agricole (voir Les mots du rhum) et que se structure l’in- dustrie du rhum dans l’Océan Indien, autour de l’île Bourbon (aujourd’hui La Réunion) où les colons français ont implanté la canne à sucre venue d’Inde et de Madagascar depuis le xvri' siècle. De nos jours, La Réunion, longtemps dédiée au rhum industriel, redevient, largement grâce au savoir-faire venu des Antilles, un deuxième terroir français de rhums de qualité. Une niche qui fait la fierté de nos Outre-mer dans un marché mondial largement dominé en volume par le rhum industriel souvent de piètre qualité. L'ABUS D'ALCOOLEST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. À CONSOMMER AVEC MODÉRATION. auromne 2025. 15H30
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